Le paiement par chèque représente 15 % des transactions en ligne |
Malgré la crainte que certains internautes nourrissent toujours à l'égard du paiement par carte bancaire, celui-ci représente aujourd'hui la majorité des transactions en ligne avec 65 à 85 % des volumes. Ce qui ne signifie pas pour autant que le paiement par chèque disparaisse. Deux tiers des vingt-huit principaux marchands du Web français proposent, en effet, à leurs clients de les payer de cette manière. Pour la plupart d'entre eux, il s'agit essentiellement d'un moyen de paiement alternatif dont la principale vertu est de rassurer les internautes. Dans certains cas, comme pour la Fnac, il permet également de répondre aux habitudes de paiement des professionnels.
Quelle que soit sa finalité, le paiements par chèque représente aujourd'hui pour la plupart des e-commerçants qui le proposent environ 15% de leurs flux. Mais il peut également atteindre 55 % des paiements, comme chez
Télémarket, ou représenter moins de 1 % des flux comme pour la Fnac. Deux extrêmes qui s'expliquent, dans le premier cas, par la possibilité donnée aux internautes de payer à la livraison, et dans le second, par la fixation d'un seuil de 140 euros TTC pour pouvoir payer par chèque.
Mais surtout, le paiement par chèque reste relativement stable. Et ceci malgré la familiarité croissante des français avec Internet ou les efforts fournis par les marchands pour sécuriser le paiement par carte bancaire et pour le faire savoir. Seules exceptions à cette règle : les voyagistes Karavel et
eBookers, chez qui le paiement par chèque est en baisse, et le site de produits culturels d'occasion
PriceMinister.
Cette relative stabilité s'explique par différents facteurs. Pour Télémarket et son directeur général,
Olivier
Le Gargean, il s'agit essentiellement d'une question d'habitude, "les clients payant par chèque restant fidèles à ce mode de paiement malgré un site sécurisé". Pour
Mistergooddeal, PriceMinister ou
Cdiscount, en revanche, ce mode de paiement est directement lié à la crainte de payer en ligne par carte bancaire et est le fait de personnes, en général peu expérimentées. Price Minister en veut pour preuve qu'une fois familiarisés avec Internet, les internautes délaissent le chèque, pour la carte bancaire plus souple et moins contraignante.
Pour les marchands de produits high-tech comme
LDLC,
RueduCommerce ou encore
TopAchat, la stabilité des paiements par chèque est également une question de sécurité, mais surtout lorsqu'il s'agit de montant élevé. Pour preuve, chez RueduCommerce, le panier moyen des paiements par chèque est supérieur de 10 à 15 % à la moyenne, tandis que chez LDLC, il est 30 à 40 % plus élevé que celui des paiements par carte bancaire. Au delà de la crainte, cette spécificité peut s'expliquer par un autre facteur : les plafonds de dépenses hebdomadaires fixés par les banques sur les cartes bancaires. Le paiement n'étant pas autorisé, le chèque se présente souvent dans ces circonstances comme le moyen de paiement alternatif.
D’apres [
Anne-Laure Béranger, JDNet]
(le 29/10/2003)